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Confidences

Petite histoire vers le Yoga

Cela va faire trois ans que j’ai quitté mon emploi de secrétaire traductrice et celui d’assistante d’allemand pour enseigner le Yoga. Alors, m’est venu la question “mais au fait, comment suis-je venu à pratiquer le Yoga et à vouloir en faire mon métier ?”.

A l’âge de 18 ans j’arrêtais la danse, qui pourtant était (et est encore) ma grande passion pour consacrer mon temps libre à mes ami.es et à nos fêtes arrosées. Pourtant, je sentais très vite que quelque chose me manquais. Je ressentais le besoin de mouvoir mon corps comme j’en avais l’habitude : l’étirer, l’essorer, sauter et suer.

C’est durant mes nuits en solitaire, dans mon petit studio d’étudiante, que je commençais à me trouver une fascination par l’Inde et sa culture. Les lectures de Gandhi n’y étaient certainement pas pour rien ! Cette vision orientale de la vie et de ses mystères ne me laissaient pas indemne. J’avais envie de plus dans mon existence que mes quatre murs et les soirées. Alors, je me mis tant bien que mal à m’adonner à quelques Asanas (postures) de Yoga à l’aide de quelques bouquins. Je poussais les meubles de mon petit meublé et reproduisais les images présentées avec mon corps encore souple. Les mémoires laissées par mes années de danse se réveillèrent et cela me faisait un bien fou. La méditation s’invita elle aussi rapidement dans mes activités quotidiennes. Ce fût avec Jon Kabat-Zinn et ses enregistrements audio que je m’auto-initiais. J’étais frustrée. Je voulais en connaître davantage et rêvassait de tout quitté pour partir en Inde. Cependant, quelle ne fût pas ma déception quand je compris qu’il m’aurait été difficile d’allier vie de débauche avec vie d’ascète. Je ne me voyais pas changer mes habitudes et ne pouvais envisager de faire les choses à moitié. Soit je devais m’y mettais à fond, ce qui impliquait de devoir ralentir la boisson, soit je laissais tout tomber. L’alcool, les soirées et les copains ont eu raison de moi, alors je mis l’option yoga complètement de côté et retournais à des bouquins moins spirituels pour ne point me laisser tenter. Avec le recul, je constate à quel point la peur de l’inconnu me paralysait dans mon élan. Une graine avait cependant germé. Il fallait juste attendre qu’elle arrive à maturité.

Quelques années plus tard, de l’expérience en plus et beaucoup de tourments insupportables, m’ont reconduit vers ce à quoi j’aspirai un peu plus jeune : un outil qui me permette de vivre en meilleure harmonie avec moi même. Alors que rien n’allait dans mon couple et dans mes projets professionnels je me questionnais sur mon objectif de vie : que voulais-je vraiment ? Je compris que je ne pouvais pas demander à mon entourage ou au monde de changer pour me convenir. Le changement ne pouvait s’opérer qu’en moi. Je ressorti mes livres d’étudiante : Gandhi et John Kabat Zinn et repris là où je m’étais arrêté 7 ans auparavant. Très vite, je pris mon courage à deux mains et contacta une prof de Yoga pour quelques cours particuliers. Ces cours ont été décisifs : il fallait que je parte en Inde y apprendre le Yoga et m’initier à la méditation Vipassana.

En attendant le grand départ, je poursuivais cette pratique de Yoga et de méditation. Grâce à ces nouvelles habitudes, je cessais enfin de rejeter la faute de mon mal-être sur les autres. Je me souviens avoir ressenti un grand sentiment de liberté à mes débuts. Presque comme un état amoureux. Je redécouvrais la nature autour de chez moi, j’étais ouverte au changement, je lâchais tout ce qui ne me faisais plus de bien, j’osais expérimenter de nouvelles choses sans craindre le regard de l’autre, je me détachais du superflus, de la cigarette. Tout ces bienfaits m’ont motivée à persévérer dans ma pratique. En attendant mon voyage en Inde, auquel Tommy avait envie de se joindre, je pratiquais en cours collectifs et seule à la maison, très souvent. Certainement bien plus qu’aujourd’hui !

En occident, quand nous pensons au Yoga, nous pensons en réalité qu’à une facette du Yoga, parfois deux : les postures et un peu à la méditation. C’est en Inde seulement que je compris que le Yoga était un système, une école à part entière, une manière d’aborder la vie sous un autre angle et que les postures ne servaient ni à faire jolie ni à devenir souple, ni-même à se détendre ! Ceci-dit, je ne peux m’empêcher de penser que peu importe ce qui nous pousse à nous y mettre, si nous pratiquons dans la justesse de son enseignement, le Yoga nous mènera forcément à quelque chose de plus grand. Donc si notre objectif initial n’est que postural, physique ou anti-stress, qu’il en soit-ainsi. Cela aura au moins pour effet, à notre insu peut-être, de nous donner l’occasion d’accéder à une meilleure connaissance de nos mécanismes de conditionnement. C’est ainsi que je résume le but du Yoga : reconnaître ce qui est biaisé par mon conditionnement pour accéder à la connaissance de moi-même.

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En faisant du Yoga mon gagne-pain, il m’est parfois difficile de retrouver cette sérénité d’autrefois, ce laisser-aller où je n’avais qu’à apprendre et à découvrir. Le fait de faire la promotion de cette pratique biaise un peu son essence. J’ai souvent peur que mes propos soient mal interprétés ou que l’on pense que je juge. Je crains souvent de “mal enseigner”, de ne pas “faire comprendre” l’essence du Yoga à mes élèves. Parfois, j’ai peur aussi d’être jugée sur mes tarifs ou ma manière de faire. Il ne s’agit là que d’une peur de l’ego. Ce qui est Yoga pour moi, ne l’est peut-être pas pour vous et vice-versa. Comment puis-je prétendre détenir la vérité en ce qui concerne le Yoga ? Chaque esprit, avec ses propres conditionnements, ces propres schémas définit et interprète les choses à sa manière. Le Yoga m’a offert cette compréhension : il y a autant de vérités que d’êtres… alors voyez !

Si le coeur vous en dit, racontez-moi votre histoire en commentaire. Je serai heureuse de savoir ce qui vous a mené sur ce chemin. Aussi, à tout moment, sentez-vous libre de rejoindre le mien dans le cadre d’une séance :).

Laetitia

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