Meditation - Yoga - Ayurvéda - Toulon
Pensées

Et si le sens de la vie était de ne pas en avoir ?

Depuis enfant j’ai des pensées, comme tout le monde. Je les écris, les danse et parfois je les rumine aussi. Bien souvent, je n’ose pas trop les exprimer. La peur d’être jugée sûrement. Aujourd’hui, la femme qui se détache du regard de l’autre, ose laisser de la place à la petite fille qui l’habite encore ainsi qu’à la femme qu’elle est devenue.

Ici je vous raconte des questions qui me traverse depuis longtemps et qui ont refait surface avec beaucoup de puissance lors d’une de mes dernières balades en forêt.

La quête de sens, notre perdition.

Le doute est si riche, si nutritif pour l’Esprit qu’il l’effraie. Bien souvent, nous fuyons les remises en questions et redoutons les moments de doutes plus que tout car ils nous déstabilisent et nous arrache du confort et du sentiment de sécurité. A tort je crois bien. N’avez-vous pas remarqué que plus nous cherchons un sens à notre vie, moins nous le trouvons. Ce n’est jamais assez. A peine avons nous atteins notre premier objectif qu’il nous faut en poser un deuxième, puis un troisième et ainsi de suite, parfois, pour certains jusqu’à la mort ! Être aimé par ses parents, avoir de bonnes notes, avoir le bac, puis le permis, le premier baiser, la première fois, le premier job, le diplôme, le mariage, les enfants, la maison… Bref une vraie compétition que la vie lorsqu’elle est prise sous cet angle ! Plus les objectifs sont nombreux, plus nous divaguons. Peut-être que la vie n’a aucun sens à par celui de nous distraire d’en trouver un ? Pourquoi est-ce que nous, être humain.es avons si soif de savoirs, de mérites, de joies, de plaisirs, de désirs, d’accumulation de biens et d’argent, de confort, de reconnaissance et d’accumulation d’informations ? Pourquoi nous, les humain.es, sommes si vaniteux.ses ? Pourquoi avons-nous tant de mal à vivre en fonction des cycles ? Pourquoi avons-nous toujours besoin d’avoir le contrôle sur notre environnement, nos proches, nos relations, notre vie, notre image et le monde en général ? A ce genre de question, nous réagissons souvent avec le mental et peinons à constater les choses telles qu’elles sont : violentes. Notre quête de sens, qu’il soit individuel, collectif ou pour le soi-disant bien-commun est violent. Regardons. Nos actes, nos écrits (et celui là en fait partie), nos discours et même nos relations sont motivé.es par l’ambition. Que ce soit par l’ambition de devenir quelqu’un, d’important, “qui a réussi”, d’utile, d’influent, d’aimé.e, d’aimant.e, de vertueux.se, peu importe, la finalité est la même. A partir du moment où l’ambition et la quête de sens répondent à un besoin maladif du mental, il n’y a rien de vertueux. La vertu ne peut faire l’objet d’un effort ou d’un entrainement. Elle ne s’apprend pas, elle est naturelle ou elle n’est pas. Dès lors que je cherche à être gentille, je ne le suis plus. Vous comprenez ?  Nous nous conditionnons et trouvons de belles justifications à nos actes afin de répondre à un besoin inconscient de panser nos blessures passées.

“Pourquoi ai-je besoin de donner un sens à ma vie ? Pourquoi ai-je besoin de me fixer ce genres d’objectifs”. Essayons d’aller plus loin dans nos réponses que de simples affirmations gouvernées par le mental comme “parce que je veux être quelqu’un de bien, parce que je veux faire plaisir, parce que j’aime faire de la musique, parce que c’est ma mission etc etc.” Essayons de creuser en nous, c’est essentiel. Il n’y a rien de plus important à vrai dire que de reconnaître les dérives du mental. Or, comment “reconnaître” quelque chose d’inconscient, de non-connu me dira-t-on ? Ne convient-il pas à chacun.e de le “découvrir” par soi-même ? Peut-il y avoir une technique universelle qui s’appliquerait à tout le monde pour apprendre se connaître véritablement ? Je ne crois pas non. Mais après tout, que sais-je ?

Plus je cherche un sens à la vie, à ce qui m’arrive et ce qui m’est arrivé, plus je reviens à une seule conclusion : rien n’existe réellement hormis ce qu’il se passe MAINTENANT. Juste là, dessuite. Tout le reste est de l’ordre d’une autre dimension, celle de la pensée, de mon disque dur mentale. Comment puis-je accorder autant d’importance au passé et au pré-supposé futur alors que tout deux sont irréels vu que non-résidants dans l’ici et maintenant ?

C’est dans le calme que je vois l’agitation et que le vrai calme peut prendre sa place

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Quand je fais une pause, que je m’octroie de remettre certaines tâches au lendemain qui pourtant me paraissaient essentiels, émerge un calme des plus beau. Alors, sans crier gare je vois la beauté et la laideur du monde sans m’en affoler. Les mots censés nommer chaque chose qui appairait dans mon champ visuel s’évaporent. Il n’y a plus rien de figé. Plus rien de limité. Les sons s’entremêlent sans s’associer à des choses connues qui me déplaisent ou qui me plaisent.

Je crois que le mot “chose” est le seul mot qui vaille la peine d’exister. Il est le seul qui laisse semer le doute sur ce qui est nommé. Et c’est là que réside toute sa justesse, toute sa splendeur.

Copyright photo / Modèle : Laetitia CASSOU @mangala_instant / Mélanie Ferrando

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